Irénée Deckers

BIOGRAPHIE

Irénée Deckers, né le 21 mars 1988 à Bruxelles, d’un père belge et d’une mère française. J’ai vécu dès l’âge de 2 ans dans le sud de la France. Je suis le cadet d’une fratrie de trois garçons ; notre père, scientifique, nous a transmis la rigueur et la méthode, tandis que notre mère, artiste et voyageuse, nous a donné la force d’assumer nos différences. Très proche de mes frères et poussé par ma mère, j’ai commencé très jeune à vouloir me différencier : suivre mon propre chemin. Dans la vie de tous les jours, je menais avec détermination mes projets, mon but à cette époque était de devenir un grand aventurier. Je faisais du cheval, de l’escrime et du tir à l’arc ; tous les week-ends je me levais tôt le matin, seul, pour aller m’immerger au cœur de la nature, et chasser — sans trop de succès. J’ai ensuite mis ce rêve de côté ; je ne voulais pas me restreindre à un domaine, qui me ferait perdre de vue l’ensemble de mes possibilités. Je voulais tout connaître et tout faire. Dans le domaine scolaire, la compétition avec mes frères pour « réussir le mieux en faisant le moins » m’a poussé à développer mes capacités de déduction et de la logique, tout en mettant en place mes propres méthodes de travail. Je me suis naturellement orienté vers la physique, qui promettait de m’apporter la compréhension du monde et de ses phénomènes. C’est aussi ce domaine qui a marqué le début de mon intérêt pour les unités : sans avoir à apprendre quoi que ce soit, elles me permettaient de reconstituer des formules et de déduire des lois d’organisation du monde physique. J’ai toujours aimé faire face à l’inconnu, afin d’y développer ma propre méthode d’analyse, ma structure. À 18 ans j’ai été accepté en école d’ingénieur, mais je ne voulais pas suivre le même chemin que mon père et mon frère ainé avant moi, je suis entré en faculté de physique à Aix-en-Provence. C’est à ce moment que j’ai commencé à voyager, en parallèle de mes études. J’ai transposé dans mes excursions mon besoin de faire face à l’inconnu. Je voyageais sans moyen, en stop, et ne revenais que pour les examens. Je me retrouvais souvent aux sessions de rattrapage, mais j’ai validé une licence de physique fondamentale en parcourant l’Asie, l’Afrique et l’Europe pendant 3 ans. Au fur et à mesure, mes voyages m’ont poussé à chercher de plus en plus l’inconnu : je suis parti dans des tribus plus reculées, en rassemblant toujours plus de notes sur mes explorations.

Le peu de contraintes que m’avaient posé mes études m’a poussé à réaliser en parallèle un master de biophysique et une licence de sociologie. Le premier pour continuer de mettre à l’épreuve ma logique, la seconde pour valider les connaissances et les concepts que je développais au contact de cultures reculées. Je réalisais ces deux cursus dans des universités séparées, l’une et l’autre me servant d’excuse pour mes absences, laissant libre cours à mes envies d’aventures. J’ai dans le même temps fondé un orphelinat en Birmanie dans la province de Yangon en 2011, un moyen pour moi de commencer à rendre tout ce que les gens me donnaient lors de mes voyages. Au départ, j’ai limité mon budget pour financer ce projet ; mes pérégrinations ne me coutaient quasiment rien : je me déplaçais en stop et vivais chez les autochtones. Mes parents subventionnaient mes études et m’ont permis de les valider tout en profitant de cette grande liberté ; je finançais le reste de mes projets en faisant des jobs alimentaires ici et là. Tout au long de mes aventures, j’ai parfait mon expérience du stop en l’étendant au bateau et à l’avion, à l’air et à l’eau, rejoignant le panel de possibilités de déplacement sans moyens que j’avais développé sur terre. En m’écartant de plus en plus des chemins balisés, tout en gardant un pied dans les études, je développais de l’intérêt pour toujours plus de domaines et de langages. Le surplus d’information que je recevais et mon désir d’apporter une structure et une logique à ce que j’intégrais m’ont poussé à chercher des moyens pour lier toute chose. Une nouvelle direction venait unifier tous mes objectifs : les clés qui articulent mes pensées, voilà ce que je devais découvrir pour lier tout ce que je rencontrais, tout ce que je ressentais, tout ce que je pensais.

Dès lors, j’ai intensifié la pratique d’expériences introspectives, de méditation, de survie dans la nature et d’exploration, seul toujours, pour pouvoir me retrouver face à moi-même ; en évitant le surplus d’information que me faisait parvenir la société. Au paroxysme de cette quête, qui m’a mené dans certaines des jungles les plus dangereuses du monde et notamment le Darien au Panama, j’ai passé 18 jours au Pérou, toujours seul, les yeux bandés, les oreilles bouchées, dans la région de l’Amazone. C’est au cours de cette immersion que j’ai confirmé nombre de mes théories sur la pensée et ses origines. L’idée de cette expérience était simple : la majorité, voire même l’ensemble de mes connaissances appartiennent à l’audiovisuel, prédominant dans notre société, c’est en me privant de la vue et de l’ouïe pour redécouvrir le monde à travers mes autres sens, que je serai capable de reprendre le chemin de la connaissance, pour saisir l’essence de ce qui est défini. Au cours des 14 dernières années, chacun de mes voyages à la rencontre des autres, accompagnés de mes expériences de survie et d’introspection, n’a eu de cesse de mettre à l’épreuve mes croyances, mais l’écriture me permettait d’unifier tout ce que je vivais.

Le besoin de finaliser mes écrits m’a poussé à m’installer dans un moulin autosuffisant en Corse il y a bientôt quatre ans. C’est de là-bas que j’ai continué de développer l’orphelinat que j’avais créé, ainsi que l’ONG « Aide aux orphelins de Birmanie », que j’avais développée dans le même temps. C’est aussi à cette époque, que commençait mon activité de compositeur multisensoriel, pour la start-up Ino-sens à Grasse. Mon rôle était d’apporter une intention et de la cohérence aux signaux fournis par une nouvelle technologie. Je gagnais ainsi la possibilité d’appliquer mes théories sur la perception et la pensée. Outre mes activités nécessitant internet, je vivais en autarcie, en pêchant, chassant et cultivant. C’est aussi là-bas que j’ai commencé à m’intéresser à l’agriculture, l’apiculture, la production d’huile d’olive, la charcuterie et bien d’autres domaines. À ce moment, je développais de manière stable et durable, l’autosuffisance que j’avais expérimentée lors de mes aventures de survie, dans les environnements les plus sauvages du monde. Dans le même temps, j’ai validé un bac pro production horticole pour recevoir le diplôme d’agriculteur, j’ai aussi continué mes voyages, le développement de l’ONG, le tout articulé autour de mon activité principale : l’écriture.