Voyageur égaré ou voyageur libre ?

Tu survie, tu accomplis ton objectif de vivre seul dans la nature et tu comprends maintenant pourquoi le bonheur n’est réel que lorsqu’il est partagé

Moment de lecture technique

Le voyageur égaré est dirigé par lui-même, et aveuglément il se suit. Il vit au gré du vent, sans jamais pouvoir y voir une fin. Ce n’est que quand il commence à ressentir un mal être, exprimé par le doute, qu’il gagne l’opportunité de trouver ce qu’il poursuit. Cela prend souvent du temps, car pendant son voyages ses sens sont en éveil et sa connaissance en retrait, connaissance de soi entre autres. C’est aussi parce qu’il est libre de faire ce qu’il veut et d’aller où il veut. Sans s’en rendre compte, il pourrait vivre une fuite constante. Dès qu’il est sur le point de ressentir un certain mal être, il part. Il fait face à un nouvel environnement, à des gens qui ne le connaissent pas. Il choisit un groupe et s’exprime comme il en ressent le besoin. Jusqu’au jour où il se fait à nouveau rattraper par ce qu’il fuit. Et il repart encore, et encore et encore. Le voyage est une très bonne cachette si on refuse de s’accepter tel que l’on est. La fuite peut y paraître tellement naturelle. Le voyageur sans guide sait très bien que pour pouvoir changer il faut d’abord s’accepter. Le voyageur égaré est perdu, il utilise le voyage de manière négative. Jusqu’au jour où – et parfois ce jour n’arrive jamais – il s’offre le pouvoir de changer. Il affronte alors ce qu’il avait rejeté jusque-là, parfois des pensées simples qui exprime son traumatisme traîné pendant des années, qui le touche en profondeur. Tous ces moments où il a repoussé de simples mots, il les a rejetés sans les accepter. Aujourd’hui unis sous le symbole du déni, ils s’opposent à son identité. Il en a peur. Mais il est un voyageur sans guide, il affronte ses peurs et gagne la possibilité de découvrir ce qu’il recherche.  

A l’opposé, il y a le voyageur libre. Celui qui a compris que le voyage durait toute la vie. Dès qu’il a fait son premier pas en tant que voyageur sans guide, il a commencé à sortir de son conditionnement pour mieux choisir le chemin qui lui correspondait. Il a commencé à devenir l’acteur de sa vie, à écrire son histoire. Il est un voyageur sans guide accompli. Il sait que le monde lui a tout donné et qu’il a tout à lui donner. Il est difficile de se représenter une image idéale du voyageur sans guide puisqu’il peut être n’importe qui. Il n’est pas tout le temps un aventurier effréné, ou un sage, ou un explorateur, il est aussi ingénieur, vendeur de kébab, astronaute, boulanger, président, professeur… Il est simplement celui qui n’a pas été déterminé par la société. Il est sorti de sa mue et s’est dessiné en tant que personne, pas par fuite de ce qu’il était ou de ce qu’il aurait dû être, mais par acceptation de soi. Il a compris que la liberté s’exprimait par le choix. Et il choisit. Il peut avoir choisi de vivre exactement ce que son conditionnement le prédisposait à faire, mais il l’a choisi. Il peut travailler dans une usine, il peut être père de famille, il peut choisir de se balader de pays en pays toute sa vie, mais il le fait en toute conscience. Le voyageur libre est partout autour de nous, il est celui qui est parvenu à se réaliser.